| Le chemin
Il n’est pas de meilleur chemin pour aller à soi-même que
celui qu’on emprunte tous les jours. Il s’agit d’une construction minutieuse
où l’on traverse des miroirs incessants et fluctuants. Tous sont
une représentation de nous-même, de ce que nous sommes
ou de ce que nous pouvons être.
Nul fragment de cette vie existante, même si parfois méconnue,
et nul fragment de cette vie du possible n’est bon ou mauvais. Il est
simplement en accord ou en désaccord avec ce que nous sommes
à l’intérieur. Mais il ne nous appartient pas de choisir
mentalement, avec planification ou logique les fragments devant nous
correspondre. Car il s’agit bien alors de notre représentation
mentale de nous-même, de nos facultés, de nos besoins,
de nos difficultés, de notre idéal, de ce que nous aimerions
être ou de ce que nous pensons devoir être (sous influence
extérieure et intérieure).
Ici au contraire, il s’agit de s’abandonner à soi-même,
de se laisser aller là où il se sent le mieux, là
où il est attiré. C’est une sensation délicate
pour vous les humains qui aimez tant comprendre, analyser, prévoir,
programmer, organiser, planifier et surtout contrôler. Ne voit-on
pas dans vos livres ou dans vos stages des termes comme "Comment
être maître de ses émotions ?", ce qui revient
à dire "Comment partir en lutte contre soi-même ?"
car il ne faut pas se tromper de leurre.
Les émotions émergeantes sont à cueillir délicatement
comme des fleurs de vie qui dégagent un trop plein émotionnel
et qui témoignent d’un sentiment profond, celui que tu ne sais
encore trop matérialiser ou nommer mais ce temps viendra et ce
n’est pas là un sujet à inquiétude.
Les miroirs qui traversent notre vie sont comme ces émotions
fleurissantes, elles sont de la même famille, les unes provoquent
les autres et vice-versa. Nous (et tu verras plus tard ce nous) les
appelons fleurs de vie. Vous les appelez parfois accidents de vie, de
parcours. Nous les accueillons toutes, à la différence
de vous, comme des cadeaux venus sur notre chemin de vie. Pour vous,
certains sont lourds, d’autres légers. Pour nous, les uns vivifient,
purifient et égaient dans l’instant, les autres doivent être
soignés, étudiés pour que les fleurs écloses
cessent de trembler. Il nous appartient alors de soigner ce qui monte
à la surface de nous-même, non de le combattre. Car ne
nous y trompons pas, les éclats de miroir qui traversent notre
vie sortent de nous, pas de l’extérieur. Pourquoi alors renoncer
à cet échange d’amour avec soi-même et avec l’univers
entier ? Puisque telle est notre place.
La peur s’inscrit dans vos vies comme des cristallisations dans la glace.
Elle bloque votre énergie vitale. Pour autant il ne s’agit pas
de prendre un marteau piqueur pour la délivrer car vous briseriez
alors de nombreuses informations indispensables pour délivrer
réellement et entièrement et sur un temps bien plus défini
votre peur.
Et toi mon enfant, de quoi as-tu peur ? Crois-tu réellement que
ce soit à cause d’un croisement perçu ou de la réussite
que cela peut engendrer ? La réussite fait peur à ceux
qui croient en leur toute puissance hors tu n’es pas seule à
mener ta vie. Des guides t’accompagnent, ton toi suprême tient
aussi les rênes, ils te soufflent ce dont tu as toujours rêvé
tout en ayant peur. Si la réussite financière est au bout
du chemin elle n’est pas la principale. La réussite suprême
est d’être en harmonie avec soi dans l’univers. Si ton chemin
est d’aller vers cet espace parce qu’il te procure ce dont tu as besoin,
ce n’est pas un cadeau à sens unique. Tu vas aussi par-là
parce que c’est ta place pour servir l’univers. Ce mot te gêne
et pourtant nous ne sommes pas qu’un. Contrat de vie, mission choisie
avant sa naissance… ce ne sont que des mots qui lient une personne à
son être. Les choses sont beaucoup plus simples, naturelles, allant
de soi car tu le sais les mots ne sont parfois que des prisons d’idées
"limitables". C’est pourquoi nous n’essaierons pas de t’expliquer
avec des mots ce qu’est et pourquoi chacun naît au monde. C’est
à la fois complexe parce que vaste et très simple.
Sache néanmoins que là où un être réussit
(financièrement et émotionnellement) se reflète
un état bénéfique pour l’univers. N’oublies pas
cela. C’est un cadeau crois-tu pour toi. Certes tu as raison. C’est
un cadeau car tu as du mal à y croire et à l’accepter
sincèrement et avec simplicité. Ce ne sera plus un cadeau
pour les gens qui sauront que cela s’inscrit dans ce qui doit être.
Il n’y aura plus alors de remerciements, de supplique ou de gêne.
Il y aura des êtres à la recherche de soi-même.
Retiens tout de même que ceci n’est pas que pour toi mais pour
tout l’univers. Reflète ce possible pour qu’il se pose ailleurs.
Il n’y a pas de chemin invisible qui se déroule sous tes pieds.
Il n’y a que le chemin que tu construis pas à pas. Il se déroule
sous tes yeux ébahis, étonnés de le voir présent
alors que tu ne le connaissais pas dans ton monde conscient. Pourtant
il existait bien avant que tu n’apparaisses sur cette terre et sous
cette forme.
Ne crois pas pour autant que cette terre t’accueille comme il se doit.
Tu n’es qu’un passager comme un autre qui doit emprunter un chemin de
vie tangible pour avancer, se confronter à des expériences
et épreuves empierrées pour apprendre des leçons.
Ton chemin n’est pas à la croisée des hasards, il est
tien. Rien ne le ferait disparaître ou apparaître si ce
n’est ton chemin.
Le chemin n’est autre que le déroulement de ta vie, il n’est
ni ton destin ni ton prochain. Il est, il erre là où tu
veux bien le mener. Il n’est qu’à ton service et se plie à
tes volontés.
Pour autant le chemin n’est pas insensible à ton devenir et c’est
pour cette raison qu’il accueille de temps à autre des signes
qui pourraient te faire dévier du chemin que tu as choisi. Car
ton chemin ne l’oublie jamais n’est que le reflet de ce que tu crois
être bon pour toi, même le mauvais !
Le chemin n’est pas une ligne toute tracée. Le chemin n’existe
pas sous la représentation que tu en as. Le chemin est comme
une voie lactée, seules les premières notes en sont visibles,
il se crée ensuite au fur et à mesure de tes pas. Il nage
sous tes courants de pensée et tes flots d’émotions qui
le font parfois s’éloigner de toi. Il brille sous le soleil lorsque
tes doigts sur les rênes de la vie se font plus légers.
Car si tu laissais aller la vie au fond de toi, le chemin se ferait
tout seul, avec toi, mais non avec ta conscience ou si tu le préfères
ton mental, mais avec justement ta conscience et ton cœur. Non pas la
conscience en tant que connaissance mais en tant que perception d’être
présent.
Il est bon que le chemin soit parfois reflux de tes pensées.
Ce va et vient qui te donne le tournis et qui te met hors de toi, hors
de l’image dans laquelle tu t’étais enfermée est salvateur
de toi-même.
Car le toi-même n’est pas le toi, n’est pas le Soi. Le Soi est
à l’intérieur et à l’extérieur de vous-même.
C’est parce que vous oubliez ce dernier paradoxe que vous n’arrivez
jamais à vous trouver.
Vous avez oublié une partie de vous essentielle à votre
naissance, une part jumelle détachée, qui flotte dans
la galaxie. Voilà pourquoi vous ne parvenez à vous sentir
entier.
Déloger la bulle du vide qui a pris la place et accueillir en
votre sein cette part, ce Soi divin, voilà qui est la tâche
la plus noble et la plus précieuse que vous ayez à réaliser
sur cette terre. Voilà votre unique chemin.
La question n’est pas "Qui devenir ? Que faire ? Quel métier
m’attribuer ou quelle identité ?", la question est "Comment
revenir à soi-même ?".
Autour de vous, multiples fils et tissages vous fixent sur une toile.
Prisons de chairs, prisons de mots et d’appellations. Mais ce ne sont
là que des armures qui loin de vous protéger ou vous consolider
vous assomment de règlements intérieurs qui sont les vôtres.
"Comment se comporter en société" est ainsi
une ineptie que nous aurions voulu ne jamais voir.
Ce qui est important mes chers frères ne l’oubliez pas pour votre
survie, ce n’est pas comment être un bon chef d’entreprise, une
bonne mère ou un bon amant. C’est comment être soi-même,
comment se révéler à soi-même. C’est la plus
belle preuve d’amour que vous puissiez avoir pour vous et pour le monde
qui vous entoure. Cette lumière source de vie n’est pas la seule
qui apparaîtra autour de vous. Elle est le lien avec toutes les
autres lumières que vous ne savez pas toujours bien distinguer
autour de vous, qui sont là, qui rayonnent.
Allez donc en paix sur votre chemin. Ne revenez ni en arrière
ni en avant avec de grands bonds successifs. Toute vie est semée
d’embûches et d’erreurs. Ce ne sont que des aiguilles qui vous
font avancer. Les aiguilles piquent mais elles ne font pas mourir. Apprenez
à être piqué, surpris, sans être râleurs,
mécontents, cela bloque vos énergies. Les nœuds se figent
sur la toile. Ils vous entravent, fluidifiez-les pour mieux les évacuer.
Il ne s’agit pas de s’en débarrasser, de les déglutir
ou de les digérer mais de les assimiler. Il ne s’agit pas de
les trans-former par un coup de baguette magique ou par pensée
positive en quelque chose de positif.
Car n’ayez pas de leurre, si ces nœuds arrivent sur votre chemin, c’est
que vous n’avez pas assez avancé. Humblement, acceptez qu’ils
vous rappellent que vous avez à vous débarrasser de tel
comportement, de tel complexe, de telle croyance, de telle ineptie.
Votre chemin vous pousse à aller un peu plus loin mais de façon
véritable. Hors on ne peut tricher avec le malheur, les conflits
et les peurs. Ils nous renvoient à notre source profonde, celle
qui nous engendre et qui nous manipule comme une marionnette.
Il n’est pas toujours agréable de se voir ou de se revoir ainsi,
attaché à des fils que l’on voudrait voir mourir, dépendant
de fils dont on n’arrive pas à se débarrasser, emprisonné
dans notre propre chair. Pourtant le travail n’est pas une question
de simple volonté, rassurez-vous, il est bien plus profond que
ça.
Le travail n’est pas de se détacher de ces fils et en cela vous
pourriez passer votre vie à combattre les moulins comme Don Quichotte
car en effet ces fils ne sont qu’illusions de votre esprit. En réalité
rien ne vous enchaîne, votre esprit est libre. Ces fils ne sont
qu’une prison illusoire mais réelle qui l’entoure. Entendez bien,
ces fils ne sont réels que par l’idée que vous vous en
faites et par l’influence des pensées (les vôtres ou celles
devenues vôtres par les pensées des autres qu’importe il
s’agit des vôtres maintenant).
Mais votre esprit est libre, c’est ainsi qu’il " s’échappe
" parfois de votre attention, de votre conscientisation qui vous
rassure tant. Il se plaît à vous jouer quelques tours bien
peu méchants : quelques signes posés ici et là.
Comme un jeu de cache-cache avec quelques indices sur une vie possible
que vous n’imaginiez pas. Las de courir ainsi autour d’une vie, il se
repose parfois et ce sont alors les fils qui gouvernent. Le levier de
la peur, la corde de la colère, la ficelle de trahison, le fil
de l’espoir. La vie n’a pas besoin de ligne pour exister. Elle est.
C’est ainsi que nous vous invitons à renouer avec votre vie.
Elle est. Pourquoi chercher à la tracer, à la corriger,
à la modifier, à la canaliser, à la contraindre,
voire à la verrouiller, puisqu’elle est. Elle est et coule avec
fluidité. Cessez donc vos plans et vos machinations. Cessez donc
vos plannings, vos prévisions et vos plans sur la comète
et renaissez à la vie.
Comme elle, laissez couler les jours, les uns après les autres,
la vie n’attend pas, elle est un fleuve qui suit son cours, qui ne s’arrête
sur aucun obstacle mais qui sait jouer avec eux.
La question n’est pas "Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce
que je veux ? " mais "Comment laisser aller librement la vie
qui est en moi ?" C’est se taire, se taire pour mieux s’écouter.
Pour percevoir et se délecter d’entendre la source originelle
en nous, la sève qui fait que nous sommes un. Ce n’est donc pas
se questionner, réfléchir, peser le pour et le contre,
chercher en dehors de nous l’information, c’est d’être à
l’écoute de soi.
Ce n’est pas chercher, investiguer, enquêter, faire un bilan,
questionner, établir, rechercher, c’est se taire.
L’écoute de soi est la porte de la connaissance de soi, de sa
source. La laisser vibrer et être en résonance avec elle.
Cette source n’est pas la lanterne magique qui exaucera vos vœux de
connaissance de soi ou de maîtrise, non. Elle est un équilibre
indispensable à votre vie pour une meilleure stabilité
de votre cœur. Elle est le reflet de ce que vous êtes, au fond
de vous. Buvez-la mais ne la questionnez pas. Elle vous guidera si simplement
que vous n’aurez pas à chercher d’autres artifices. Allez et
soyez en paix.
Car il est vrai que lorsque vous posez une question, vous posez en même
temps multiples autres phrases. Des craintes, des regrets, des bribes
de réponse que l’on essaie.
Essayez par exemple de vous demander ce que vous allez faire ce soir
ou ce week-end ou à tout autre moment où vous n’avez pas
encore prévu quelque chose. Tout de suite, une ou plusieurs possibilités
sont ébauchées dans votre esprit, avec peut-être
des sentiments associés, de type il faudra que je fasse ça
et je n’en ai guère envie. Ou si vous n’avez pas d’idée,
votre esprit va faire de multiples suggestions : je pourrais faire ceci
ou cela et vous passez ainsi en revue plusieurs activités, comme
vous le feriez d’un catalogue en disant non pour certains, peut-être
oui pour d’autres. Mais à quel moment vous laissez-vous venir
une réponse ?
La plupart du temps, nous cherchons une réponse parmi celles
que nos pensées formulent. Notre esprit est alors utilisé,
formaté comme un cadre unique de références au-delà
duquel rien n’est accessible. Dommage car ce qui est à l’extérieur
de ce cadre est tellement plus riche et ingénieux, proche de
nous et de l’univers. La question n’est pas ainsi " Qui suis-je
? " car la réponse durerait tout un univers. La question
est " Comment je vis au jour le jour ? " Ce n’est alors plus
tant une question qu’un regard posé sur soi-même. Regard,
écoute. Silence, observation. Constat et non réponse.
Ce qui fait que je suis ce que je suis c’est ma vie de tous les jours,
non pas mes actes, mes horaires mais ce que je suis à l’intérieur,
comment je ressens telle activité, tel comportement, tel jugement
de l’autre.
C’est cette résonance qui fait de moi un être à
part entière : moi, ce que je suis. Ce n’est pas une image figée,
c’est une résonance, une vibration qui danse. Voilà ce
que tu es.
Accepter de n’être que ça et tout ça à la
fois. Accepter d’être avec le même fonctionnement de base
que tout le monde. Accepter de ne pas être une identité
imagée, nommable avec les mots communs actuels. Accepter de ne
pas être repérable, nommable facilement pour moi-même.
Accepter toute la richesse et la permissivité que cela entraîne.
Accepter tous les cadeaux que cela m’apporte. Je suis au sens de j’existe.
Je ne suis pas au sens de je ne suis pas enfermée dans tel moule.
Et non je suis au sens où je me décompose en plusieurs
nominations.
Alors ce n’est plus tant la nomination " professionnelle , femme,
fille de, habitante de" qui compte mais ce que tu es en toi, à
la source. Le reste n’est que des enveloppes que tu utilises quand cela
est nécessaire ou quand la vie te le demande. Mais cela ne constitue
en rien ton essence. Il ne s’agit que d’affiches et cela n’a rien d’effrayant
au contraire.
Ces fils qui vous tiennent à la société n’ont de
valeur qu’ici et maintenant. Ils sont votre matricule, votre identifiable
représentation et je dis bien représentation de vous-même.
Ils ne sont pas votre essence et c’est cela qui fait votre richesse.
Soyez heureux de ne pas être ceci ou cela. Vous êtes plus
que vous ne le pensez. Vous êtes toujours en devenir et c’est
en cela que vous ne pouvez être ceci ou cela. Vous n’êtes
pas, si ce n’est présent. Vous vivez et c’est cela qui est exaltant.
Le lac qui vous nourrit n’est pas des chiffres ou les lettres qui composent
votre nom mais vos sens. Vos sens avec une grande ouverture de compréhension,
ce qui fait que vous pouvez être libre.
N’aie pas d’impatience, le chemin ne peut se faire qu’en son temps.
C’est la marque de la réalisation. Tu n’es pas prête encore,
tu ne peux te trouver, tu es en train de te construire, chaque pas te
rapproche de toi.
Ce n’est pas du temps perdu, c’est du temps passé avec toi, au
fil de toi, avec toi.
Reçu par Véronique
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